"Objectif Corée" 6 septembre 2002 © MINEFI - DREE

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Actualités

- Quel Kibun ?
yves.dericaud@dree.org   
La croissance se confirme...

Les statistiques les plus récentes renforcent l'optimisme ambiant nourri par les succès coréens à la Coupe de Monde : accélération de la production industrielle en juillet (+8,9% par rapport au même mois de l'année précédente, contre 8% et 5% respectivement en mai et en juin), des exportations en août (+20,4%, contre 19,9% en juillet, et 6% en moyenne sur les 3 mois précédents)...

…mais les entrepreneurs coréens sont prudents…

Mais d'autres signes incitent à la prudence : par exemple, l'indicateur avancé de la CCI coréenne qui "mesure" les anticipations des entrepreneurs industriels à trois mois fait apparaître une baisse continue du nombre d'optimistes (qui restent encore majoritaires par rapport aux pessimistes...) du deuxième au troisième, et du troisième au quatrième trimestre. Les entreprises françaises en Corée qui, au total, prévoient de faire une excellente année 2002, s'attendent aussi à un deuxième semestre sensiblement moins brillant que le premier – après le ralentissement des ventes subi pendant la Coupe du Monde, et pour certaines, à une année 2003 "en demi-teinte". La Banque Centrale, qui prévoit une croissance réelle du PIB de 6,5%, n'exclut pas de devoir réviser ce chiffre à la baisse.

Au-delà de ces indications subjectives, certaines données, comme la rechute de 50% des prix des principaux composants électroniques ou l'atonie des investissements industriels alimentent cette prudence, à l'origine de laquelle on trouve, d'abord, l'affaissement des marchés financiers dans le monde, les hésitations de la reprise américaine, et l'appréciation du won coréen par rapport au dollar.

…voire changeants.

On ne discutera pas ici du bien-fondé de ces conceptions, en particulier du fait que la montée du won n'a pas empêché celle des exportations et de ce que l'indicateur "marchés émergents" de la DREE fait apparaître en réalité une nette sous-évaluation du won à long terme... Il faut se souvenir plutôt que le "kibun" (l'humeur, en coréen, mot intensivement utilisé) est ici particulièrement changeant et fait se succéder des alternances rapprochées de pessimisme noir et d'optimisme débridé. Après trois décennies de croissance forte et constante et deux ans de crise grave, la Corée "globalisée" apprend maintenant à vivre dans l'incertain et les fluctuations.


Secteurs

 - Election présidentielle : quels programmes économiques?
alexis.massot@dree.org  
Le programme économique des deux principaux partis en lice est encore au stade de l'ébauche.

A moins de quatre mois de l'élection présidentielle de décembre 2002, le programme économique des deux principaux partis en lice (MDP et GNP) est encore au stade de l'ébauche. Ce retard relatif n'est sans doute pas tout à fait involontaire dans la mesure où il évite aux deux protagonistes de se prononcer clairement sur des sujets politiquement sensibles, comme l'avenir du secteur public ou bien le rôle des syndicats. Il apparaît surtout comme la conséquence de la proximité idéologique des deux partis en matière économique, qui auront clairement du mal à se départager sur ce terrain.

Bien que tous les détails du programme de Lee Hoi-chang ne soient pas encore connus, il apparaît que les grandes lignes de l'action économique d'un futur gouvernement GNP s'organiseraient autour de trois axes principaux :

- la déréglementation de l'économie

- la déréglementation de l'économie : le GNP fait de la déréglementation l'un de ses chevaux de bataille face à la majorité au pouvoir. Cette déréglementation doit toucher en particulier les grandes entreprises qui se sont vu imposer, depuis la crise asiatique, un certain nombre de contraintes réglementaires destinées à accélérer leur restructuration.

- le désengagement de l'Etat

- le désengagement de l'Etat : le GNP met régulièrement en cause l'interventionnisme du gouvernement du président Kim Dae-jung et entend donner à l'initiative privée une plus grande marge de manœuvre. En conséquence, la restructuration des grandes entreprises ne devrait plus être menée directement par le gouvernement mais demeurer entièrement de la responsabilité des banques créancières. Le désengagement de l'Etat doit également passer, selon le GNP, par l'accélération du processus de privatisation des banques et des entreprises du secteur public (y compris KOGAS et les chemins de fer). L'opposition des syndicats – à l'égard desquels les dirigeants du GNP tiennent généralement un langage très ferme - ne doit pas être un obstacle à la mise en oeuvre du programme de privatisations.

- la poursuite du processus d'ouverture

- La poursuite du processus d'ouverture de la Corée aux investissements étrangers.

Une politique économique résolument libérale.

Les mesures annoncées par Lee Hoi-chang dessinent la perspective d'une politique économique résolument libérale mais qui peine à se démarquer de la politique mise en oeuvre par le gouvernement de Kim Dae-jung depuis quatre ans. Le principal point de clivage entre les deux partis en matière économique renvoie aux relations entre le pouvoir politique et les grandes entreprises, qui ont connu, sous l'administration de Kim Dae-jung, de réelles difficultés. Proposées par le FMI en 1997, les contraintes réglementaires imposées aux chaebols depuis la crise – qui ont très largement permis d'engager la restructuration de l'industrie coréenne – seraient remises en cause par un gouvernement soutenu par le GNP. Les idées développées par le GNP dans ce domaine s'inspirent d'ailleurs très largement des thèses défendues par la Fédération des Industries Coréennes (FKI), réputée proche des grandes entreprises et favorable à Lee Hoi-chang.

Sur d'autres sujets, les lignes de clivage entre GNP et MDP apparaissent moins nettement dans la mesure où la politique économique menée par l'administration Kim Dae-jung puise assez largement dans les principes de la pensée libérale. En matière de finances publiques, de privatisations, de relations avec les syndicats, ou de protection sociale, les plate-formes de la majorité et de l'opposition sont proches, sinon identiques, ne laissant ainsi qu'une faible marge de manoeuvre aux artisans du programme économique de Lee Hoi-chang.

 

- Energie : priorité à l’efficacité
Auteur de l’article
xavier.fravaldecoatparquet@dree.org  
6ème consommateur de pétrole, 4ème importateur de pétrole et 2ème importateur de GNL

Dépourvue de ressources énergétiques, la Corée du Sud doit assumer une facture énergétique lourde : 35 milliards (chiffres 2001). Un tribut qu’elle paie à l’industrialisation du pays qui s’est réalisée en s’appuyant sur des secteurs fortement consommateurs d’énergie, tels la sidérurgie, la pétrochimie ou encore le ciment. La Corée se classe au 10ème rang des pays consommateurs d'énergie en 2001, avec 198 millions de TEP (Tonnes Equivalent Pétrole).

Objectif : réduire la facture énergétique et promouvoir les énergies propres et renouvelables

Née dans la foulée du second choc pétrolier, la Korea Energy Management Corporation (KEMCO) est le pilier fondateur de la politique visant à une plus grande efficacité énergétique. 22 ans après sa création, KEMCO conserve toute sa raison d’être et le gouvernement lui maintient son soutien. En témoigne une augmentation budgétaire de 30% en 2002 par rapport à 2001 (99 mds KRW, environ 85 mds ).

Depuis 1997, KEMCO est en charge de la mise en œuvre du « Ten years national plan for energy technology development », qui vise à obtenir, d’ici 2006, une réduction de 10% de la consommation totale d’énergie et à promouvoir les énergies nouvelles, propres et renouvelables de sorte qu’elles représentent, toujours en 2006, 2% de la consommation totale.

Un programme d’assistance aux entreprises : audits, recommandations et aides financières

Pour satisfaire cet ambitieux objectif, KEMCO a élaboré des instruments sophistiqués d’analyse et de soutien qu’elle met à disposition des entreprises :

- des audits d’énergie (gratuits pour les PME, payants pour les grandes entreprises) permettant d’établir un diagnostic de la consommation et des économies réalisables, assorti de recommandations ;

- des aides financières sous forme de prêts à long terme et à taux préférentiel pour les entreprises engagées dans un programme d’économies d’énergie et faisant appel pour leurs nouvelles installations à des Energy Service Companies (ESCO), sélectionnées par KEMCO pour la qualité de leurs prestations dans ce domaine.

Les clients ne sont pas oubliés non plus par KEMCO qui exige des fabricants - d’électroménager principalement mais aussi d’équipements industriels - qu’ils contribuent à informer et sensibiliser les utilisateurs à une utilisation des produits économe en énergie.

Aux effets directs escomptés en matière d’efficacité énergétique, les pouvoirs publics espèrent, par ce volontarisme, en ajouter deux autres : en termes économiques d’abord, accroître la productivité industrielle ; en termes diplomatiques ensuite, satisfaire aux critères du protocole de Kyoto (signé par la Corée en 2001 mais non encore ratifié).

 

 - Grande distribution : le droit au service de la modernisation
Auteur de l’article
jean-pierre.gouault@dree.org  
L’interdiction faite aux étrangers d’acquérir des biens immobiliers est longtemps resté le rempart contre l’arrivée de la grande distribution.

Hypermarchés contre petits commerces traditionnels et de proximité ? Le débat est universel et chaque pays, à sa manière, tente de mettre le droit au service de rapports équilibrés entre différentes formes de commerce. En Corée du Sud, plusieurs textes sont venus consacrer l'organisation du secteur, resté fermé aux étrangers jusqu’en 1997, la crise ayant elle aussi contribué à ouvrir la porte.

Le Distribution Industry Development Act a favorisé la modernisation du secteur et son ouverture aux opérateurs étrangers : transfert de savoir-faire, joint-ventures, télé-achat, commerce électronique ont alors pu se développer.

Carrefour a ouvert en août son 23ème magasin. 4 à 6 autres le seront d’ici 2003

Presque simultanément, le Foreigner’s Land Acquisition and Management Act a autorisé l’acquisition sans restriction de biens fonciers par des personnes physiques et morales étrangères. Pour les grandes surfaces, une procédure d’autorisation sur dossier est applicable. Mais, trop souvent, les particularités réelles ou supposées d’un terrain le rendent non éligible. Ce qui fait dire au cabinet McKinsey que seulement 0,2% du territoire coréen est vierge de toute restriction…

Si elle n’a pas de vocation sectorielle exclusive, la Korean Fair Trade Commission (KFTC) a autorité sur bien des aspects du secteur du commerce : outre qu’elle peut proposer des aménagements législatifs, elle est chargée de veiller au respect des conditions d’une concurrence équitable, de protéger les droits des consommateurs mais aussi de traquer les pratiques illégales. La « Trade practices division » traite des litiges en préalable à toute action juridictionnelle.

Juridiquement parlant, le secteur de la distribution coréenne a donc subi de nombreux changements depuis la crise asiatique. Ces derniers ont favorisé l'entrée d'investisseurs étrangers et laissent aujourd'hui entrevoir un bel avenir pour ce secteur en évolution permanente.

 


Statistiques

PIB 2001

422,2 milliards USD

PIB/habitant 2001

8.918 USD

Chômage

2,7% (juillet 2002)

Inflation

0,7% (août 2002)
Won / Dollar
Won/Euro
1.201,1 (août 2002) 1.180,9 (août 2002)

Éditeur :
      Mission Économique de Séoul
Adresse :Kangnam P.O Box 2165 – Séoul, 135-621
              http://www.dree.org/coree 
Directeur de la publication :Yves de Ricaud yves.dericaud@dree.org 
   Date de parution : 6 septembre 2002
      
   Abonnement :
en ligne http://www.diffusion.dree.org/ e-mail : izabel.deuff@dree.org 

 

SOMMAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Table DREE, Séoul